L’histoire de Mabillon

lundi 16 novembre 2015
par  Webmaster
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L’établissement a une très longue histoire. C’est en 1854, sous le Second Empire de Napoléon III, que l’archevêque de Reims, Mgr Gousset, envoie dans la ville de Sedan trois religieuses de l’Assomption.

Le but était alors d’ouvrir un pensionnat et une école. Des terrains sont acquis pour y construire la plus ancienne partie de Mabillon qui subsiste aujourd’hui. C’est sœur Marie Bernard, dénommée Lady Georgina Hay, originaire de Grande-Bretagne qui est chargée de faire appel aux architectes. Les plans sont dessinés par un Rémois, le bâtiment sera de style anglo-normand. La première pierre était posée en 1863 pour une installation de la communauté deux ans plus tard alors qu’on travaillait encore à la chapelle. L’entreprise sera très vite couronnée de succès : à la même date, l’établissement comptait déjà 7 professeurs et 80 élèves.


Cependant, 1870 est bien évidemment l’année qui marquera l’histoire de Mabillon et de Sedan mais aussi de l’Europe. C’est à cette date que Napoléon III, suite à la défaite française face aux Prussiens et Bavarois, se rend au chancelier Bismarck et au roi de Prusse Guillaume 1er. C’est ce dernier qui deviendra empereur d’Allemagne en 1871 quand l’unité de la nation allemande sera réalisée. C’est justement pendant le déroulement de la bataille, fin août début septembre 1870, que Mabillon deviendra un hôpital militaire. Grâce à Monsieur Chevallier, professeur d’histoire-géographie, l’établissement conserve d’ailleurs en ses murs une gravure réalisée pour l’occasion par un Prussien où Mabillon est parfaitement reconnaissable.

Après cette date, l’établissement va reprendre ses activités d’enseignement. Les Sœurs de l’Assomption qui fondèrent Mabillon quittèrent Sedan en 1893 pour laisser place aux Sœurs de Sainte Chrétienne, un ordre reconnu par Mgr Jauffret, évêque de Metz sous le Premier empire avec pour principales missions l’éducation et le soin des malades pour mettre fin aux troubles de la Révolution. En 1893, les travaux se poursuivent et Mabillon continue sa croissance : une école maternelle est construite dans les murs de la propriété, les bâtiments conventuels sont constamment aménagés.

Néanmoins, Mabillon va connaître une histoire mouvementée au début des années 1900 avec la politique de laïcisation conduite par le gouvernement républicain. C’est en 1904 que les congrégations sont interdites d’enseignement. Par conséquent, il faut attendre 1934 pour que l’enseignement reprenne à Mabillon. D’ailleurs, c’est notamment pendant la Première guerre mondiale que Mabillon devient une nouvelle fois un hôpital militaire pour les blessés allemands.

Après la Première guerre mondiale, les effectifs de la communauté de Sainte Chrétienne sont à la hausse : 53 sœurs sont recensées en 1927 avant que Mabillon ne devienne une école secondaire pour jeunes filles en 1934 à la demande de l’archevêque de Reims.
Il s’agit donc d’une année essentielle. C’est également en 1934 qu’un nom sera donné à cette nouvelle école, celui de Mabillon, célèbre moine bénédictin de Saint Germain-des-Près qui voit le jour dans les Ardennes en 1636 à Saint Pierremont, non loin de Buzancy. Ce moine s’illustrera par ses recherches notamment historiques. D’ailleurs, Louis XIV reconnaîtra ce religieux comme « l’homme le plus savant et le plus pieux » de son royaume quand Mabillon s’éteint au mois de décembre 1707.

C’est également en 1934 que l’internat est assuré par la communauté de sœurs. C’est le Cours Mabillon. A partir de cette date, l’établissement va prospérer même si la Deuxième guerre mondiale va perturber la vie normale à l’intérieur de cet établissement : en 1936, des militaires français viennent visiter les lieux pour installer du matériel en cas de besoin.

Les années d’après guerre sont plutôt positives pour le Cours Mabillon qui poursuit sa croissance. De nouveaux bâtiments sont construits dans les premières années des Trente Glorieuses et 1960 voit l’arrivée des garçons dans les classes de primaire. C’est alors que la fusion entre l’école du Sacré-Cœur et Mabillon se réalise quelques années plus tard et c’est aussi la même année, 1968, que Mabillon passe un contrat d’association avec l’Etat. Cela permet aux enseignants d’être rémunérés par les services du rectorat. Il y avait encore 20 religieuses de la communauté et un premier laboratoire sera construit l’année d’après dans l’actuelle cours du collège avant que les bâtiments D réservés aux 2ndes soient terminés en 1991.

A partir des années 70, l’organisation de Mabillon va être modifiée. En 1973, la direction est assurée par un laïc même si les sœurs de Sainte Chrétienne seront propriétaires du bâtiment jusqu’à sa vente en 2003. D’ailleurs, les dernières religieuses à quitter Mabillon le font en 1987 pour Floing. C’est aussi l’internat qui doit fermer ses portes. Les chambres sont alors transformées en salles de classe toutes équipées d’outils informatiques dans l’objectif de préparer les Terminales aux études supérieures. Les derniers grands travaux permettent à Mabillon d’accueillir les personnes à mobilité réduite.

Ainsi, de par les salles de classe dotées de cheminées en marbre et de poutres apparentes, l’établissement conserve un charme indiscutable. De plus, le parc, parfois composé d’essences rares, vient tous les jours agrémenter la vie des collégiens et lycéens.

Renaud TOUSSAINT
Professeur d’histoire-géographie au collège et lycée Mabillon


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